Communiqués de presse

Réaction aux propos d’Alain Berset au TJ de la RTS du 29 janvier 2018

le 30/01/2018

Aucun médecin installé ne gagne 1 million par an grâce aux prestations de l’assurance obligatoire et aux primes!

La Société vaudoise de médecine (SVM) a pris connaissance avec consternation des propos du conseiller fédéral Alain Berset au 19H30 de la RTS du 29 janvier 2018, en marge de la 5ème conférence nationale Santé 2020 qui s’est tenue à Berne. Dans le canton de Vaud comme dans toute la Suisse, aucun médecin installé ne peut disposer d’un salaire d’1 million de francs sur la base des prestations à charge de l’assurance maladie obligatoire, financée par les primes. Sur Vaud, selon la SVM, le chiffre d’affaires moyen des cabinets médicaux était de 422’000 CHF en 2016. Une fois les charges déduites, le montant disponible pour la rémunération des médecins installés est inférieur à 50% du chiffre d’affaires.
En marge de la 5ème conférence nationale Santé 2020, au cours de laquelle les acteurs de la santé ont discuté de mesures visant à freiner la hausse des coûts dans l’assurance obligatoire, le conseiller fédéral et ministre de la santé Alain Berset a dérapé.
Au journal télévisé de la RTS (http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/conference-nationale-sur-la-sante-a-berne?id=9289926), il a ainsi affirmé publiquement que des médecins gagneraient plus d’un million de francs à charge des primes d’assurance maladie obligatoire. La SVM considère qu’il s’agit d’une « fake news » inacceptable de la part du ministre fédéral de la santé. Celui qui vient d’imposer une révision du Tarmed ne peut pas ignorer que ce tarif ne permet pas de générer des revenus aussi élevés. Les revenus les plus importants, qui ne concernant qu’une infime minorité des 40’000 médecins suisses, sont le fait d’honoraires à charge des assurances complémentaires et/ou de payements directs des patients qui n’ont aucune incidence sur les coûts à charge de l’assurance obligatoire.
La SVM demande que le Ministre de la Santé Alain Berset se rétracte publiquement de cette affirmation calomnieuse. Il en va de sa crédibilité dans les travaux difficiles qui s’annoncent ces prochains mois pour tenter de limiter la hausse globale des coûts de la santé et de celles des primes d’assurance maladie obligatoire.
Il est temps aussi que les politiques reconnaissent leur responsabilité dans le transfert continu des charges financières des cantons vers les assurances, et donc les assurés ! Selon les données de l’OFS, la part du financement des coûts globaux de la santé à charge de l’assurance obligatoire qui était de 26.8% en 1995 s’est élevée progressivement pour atteindre 35.4% en 2015 ! Cette évolution est principalement due au transfert de prestations réalisées au cours d’hospitalisations vers l’ambulatoire. C’est pour cela que les primes augmentent plus rapidement que les coûts de la santé (3,6 % contre 2.7% par an entre 1995 et 2015). Ce transfert continu de charge vers les primes AOS a permis aux cantons de réaliser des économies considérables sur leur part de financement du stationnaire (55%), qui sont systématiquement passés sous silence.
Revenu des médecins vaudois installés
Selon les chiffres en sa possession (données transmises par 80% des cabinets de généralistes et spécialistes du canton), la SVM considère que les affirmations du conseiller fédéral Berset (« jusqu’à 90’000 de francs de salaire par mois, payé par les primes ») ne recouvrent strictement aucune réalité vaudoise.
Pour 2016, le chiffre d’affaires moyen des cabinets vaudois était de 422’000 francs. Au final, déduction faite des salaires des autres collaborateurs du cabinet médical, des charges sociales y compris la part patronale, des assurances, du loyer et autres frais, on peut estimer à environ 50% du chiffre d’affaires le revenu personnel disponible moyen du médecin installé, soit environ 200’000 CHF. Un montant sur lequel il faut encore déduire des milliers de francs par an pour la constitution des prestations de retraite.
Si l’on tient en plus compte de la charge importante de travail hebdomadaire largement supérieure à la moyenne et d’une durée de vie professionnelle relativement courte (environ 25 ans entre l’installation et la retraite), la SVM estime que le revenu moyen des médecins vaudois installés est l’équivalent d’un salaire annuel de 120’000 CHF sur l’ensemble d’une carrière.
En 2006, une étude vaudoise réalisée par une fiduciaire et publiée dans PME Magazine avait déjà permis de mettre clairement en évidence la différence entre le chiffre d’affaires d’un cabinet médical et le revenu du médecin. Il est déconcertant qu’au plus haut niveau du pays, une telle confusion puisse encore subsister.
Contacts :

Dr Philippe Eggimann, président SVM M. Pierre-André Repond, secrétaire général SVM

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Communiqué de presse SVM 30.1.2018

Plus de compétences pour les infirmières et infirmiers. Oui sur le principe, mais encore des questions importantes à régler.

le 13/11/2017

Le Grand Conseil effectuera ce mardi la 2e lecture du projet de modification de la Loi sur la santé publique, qui prévoit notamment d’octroyer davantage de compétences aux infirmières et infirmiers. La Société vaudoise de médecine (SVM) n’est pas opposée sur le principe, mais rappelle que des questions importantes sont encore à régler, avec les associations professionnelles concernées.  

La Société vaudoise de médecine (SVM) n’est pas opposée au principe d’élargissement des compétences des infirmières et infirmiers, voulu par le DSAS et validé le 7 novembre 2017 en 1ère lecture par le Grand Conseil lors de la révision de la Loi sur la santé publique (LSP).

En substance, un nouvel article 124 bis prévoit la possibilité nouvelle pour les infirmières et infirmiers (qui auront suivi une formation spécialisée de niveau master), de prescrire et interpréter des tests diagnostiques, d’effectuer des actes médicaux et de prescrire des médicaments.

« Que ce soit pour aider à lutter contre la pénurie de médecins généralistes dans les régions périphériques, ou pour mieux répondre à certaines situations en milieu hospitalier ou au cabinet, une plus grande autonomie d’action des infirmières et infirmiers est tout à fait concevable pour notre corporation, explique le Dr Philippe Eggimann, président de la SVM. L’exemple des médecins-dentistes qui ont délégué une partie de leurs tâches aux hygiénistes montre que de nouvelles formes de collaboration et de prise en charge sont possibles, dans l’intérêt supérieur des patients.»

De nombreuses questions encore à régler

Pour la SVM, il n’en reste pas moins que de nombreuses questions se posent autour de cette nouvelle possibilité offerte, qui n’ont pas forcément encore été abordées. « En particulier, les aspects de la direction, de la coordination, du financement et de la responsabilité civile, voire pénale, mériteront une attention soutenue, analyse le Dr Philippe Eggimann. Il s’agira de laisser aux associations professionnelles, dont la Société vaudoise de médecine, le soin d’encadrer harmonieusement ces nouvelles évolutions dans les relations médecins-infirmiers(ères) pour leur donner le meilleur potentiel ».

Contrairement au processus précipité qui a vu le DSAS proposer l’introduction de cette nouvelle disposition légale sous forme d’amendement à son propre EMPL, la SVM souhaiterait en effet que les associations professionnelles concernées soient reconnues comme des parties prenantes à part entière pour la rédaction du futur règlement d’application.

A noter que la semaine dernière, le Courrier du médecin vaudois (CMV) a ouvert le dialogue sur le thème de la délégation de compétences dans les soins et donne un aperçu des enjeux dans une perspective plus globale :

http://www.svmed.ch/publications/courrier-du-medecin-vaudois/

Enfin, sur la forme, la SVM relève avec un certain étonnement la formulation uniquement masculine prévue pour ce nouveau titre « d’Infirmier praticien spécialisé », alors que la profession reste majoritairement féminine.

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Communiqué de presse

La SVM réagit à l’annonce des primes maladie 2018

le 28/09/2017

Coûts de la santé et hausse des primes dans le canton de Vaud

L’augmentation et le vieillissement de la population : principales raisons de la hausse des coûts des cabinets médicaux vaudois

Le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) a présenté ce jeudi l’évolution des coûts de la santé dans le canton et la hausse des primes d’assurance-maladie prévue pour 2018. Concernant le secteur ambulatoire, la Société vaudoise de médecine (SVM) estime que ce sont d’abord l’augmentation et le vieillissement de la population qui ont influencé l’augmentation des coûts. Un groupe de médecins experts va néanmoins être chargé d’effectuer une analyse fine des prestations.
Les chiffres publiés ce jeudi montrent une augmentation sensible des coûts de la médecine ambulatoire au sein des hôpitaux, et dans une moindre mesure en cabinet médical. Sur la base des données produites par les assureurs et reprises par le DSAS, la SVM considère toutefois qu’on ne peut pas en déduire que le montant de la facturation des médecins libres praticiens aurait augmenté de manière injustifiée. Cette dernière ne représente d’ailleurs qu’environ 20% des coûts totaux à charge de l’assurance-maladie.
Pour la SVM, les mesures évoquées ce jour par le DSAS paraissent unilatérales et de nature à stigmatiser la profession médicale, avec des effets pervers potentiellement sous-estimés.
« Si les factures émises par les médecins en cabinet sont plus nombreuses, voire plus élevées, c’est d’abord parce que la population vaudoise croît et vieillit et que les besoins globaux en prestations médicales augmentent, analyse le Dr Philippe Eggimann, président de la SVM. L’installation, même soudaine, de médecins venus de l’étranger en 2012 et 2013 ne nous paraît pas constituer une cause profonde de hausse des coûts. Dans tous les cas, bien d’autres facteurs sont à considérer.» Parmi ceux-ci, le progrès médical induit par exemple un transfert logique et connu de certains traitements vers l’ambulatoire. Suite à l’introduction du système de forfaits par cas en 2012, un report structurel des coûts du secteur hospitalier vers l’ambulatoire ne peut pas non plus être exclu.
De fait, la SVM considère que les médecins pratiquant en cabinet privé sont déjà des prestataires très contrôlés du point de vue de l’économicité, bien davantage que dans le secteur hospitalier ambulatoire. Selon le principe de la neutralité des coûts, les médecins vaudois installés sont d’ailleurs les seuls à avoir subi ces dernières années des baisses de leur revenu, notamment lors du passage de la valeur du point TarMed de 99 à 96 centimes. La SVM relève enfin que le système de financement semble produire lui-même de manière mécanique une hausse des primes, non corrélée à l’évolution des prestations.
Pour y voir clair dans ces nouvelles données produites, et les comparer avec celles en sa possession via son Centre de Confiance, le Comité de la SVM a pris la décision de nommer un groupe de médecins experts qui sera chargé d‘analyser en profondeur les prestations facturées dans les cabinets vaudois en 2016. « Nous sommes évidemment concernés par la question des coûts et avons à coeur de démontrer que l’activité en hausse des médecins installés est d’abord une réponse normale à la demande. Mais si des potentiels d’économie peuvent être identifiés sans restriction de l’accès aux soins et de leur qualité, il va de notre responsabilité d’en faire part et d’en tirer les conséquences.»

Dr Philippe Eggimann, président M. Pierre-André Repond, secrétaire général

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CP-SVM-28.9.2017

La SVM réagit à la 2e révision TARMED mise en consultation par le Conseil fédéral

le 17/05/2017

L’ampleur et les conséquences des modifications qu’entend apporter le Conseil fédéral à la structure tarifaire inquiète la SVM et ses membres, la pratique médicale étant directement concernée et les patients lourdement impactés.

Dans le but d’économiser 700 millions de francs par année sur les prestations ambulatoires, le Conseil fédéral s’attaque à la structure tarifaire TARMED. Cette problématique nationale incombe au premier chef à la FMH et aux sociétés nationales de spécialités, partenaires impliqués dans les processus de révision tarifaire depuis plusieurs années déjà.

Différentes rencontres avec les présidents des groupements de spécialités concernées ont permis de mesurer l’ampleur et les conséquences de ces modifications sur la pratique médicale, mais surtout sur la population. La SVM en a fait un recueil non-exhaustif mais tout à fait réaliste de ce qui pourrait advenir de la médecine en Suisse à partir du 1er janvier prochain. C’est dire s’il s’agit d’un retour en arrière et aussi, d’un transfert de coûts qui ne permettront au final aucune économie, bien au contraire.

La SVM, fidèle à sa tradition d’engagement, entend apporter sa contribution active dans ce dossier qui l’inquiète au plus haut point. En concertation avec les présidents de groupements, en montrant les effets concrets de ces mesures sur les patients, la SVM attend de la FMH la plus grande fermeté vis-à-vis du Conseil fédéral, en exigeant notamment qu’elle impose un délai nécessaire pour achever les travaux en cours pour réviser de manière partenariale la structure TARMED.

La SVM – 3e plus importante société médicale de Suisse – demande au Conseil fédéral de retirer cette proposition de modification de l’ordonnance sur la fixation de structures tarifaires dans l’assurance-maladie (2e révision TARMED) au profit d’une démarche partenariale.

Plusieurs présidents de spécialités, lourdement impactées, telles que les gastro-entérologues, les ophtalmologues et les chirurgiens de la main se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.

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Communiqué de presse

Une nouvelle tête à la présidence de la SVM

le 22/06/2016

Le Dr Philippe Eggimann, 56 ans, élu lors de l’Assemblée des délégués du 16 juin succède dès le 1er juillet prochain à la Dresse Véronique Monnier-Cornuz qui remet ainsi sa fonction au terme de deux mandats menés à bien.

C’est sous la présidence de la Dresse Véronique Monnier-Cornuz que les membres de la Société Vaudoise de Médecine ont confirmé leur engagement dans le partenariat privé-public (créé en 2010) et que la Fondation Avenir et Santé pour la relève médicale a vu le jour. Elle a aussi contribué au renouvellement des conventions tarifaires. L’ensemble de la profession, le comité et le secrétariat général lui sont reconnaissants pour son investissement dans le développement de la SVM et le positionnement des médecins et la remercient chaleureusement.

Le Dr Philippe Eggimann, PD et MER, fils de médecin de campagne est spécialiste en médecine intensive, en infectiologie et en médecine interne. Il a une longue expérience dans la gestion et l’amélioration de la qualité des soins en tant que médecin cadre hospitalier (aux HUG et au CHUV). Membre du comité de la SVM depuis 2009 et vice-président de la SVM depuis 2012, il est impliqué dans de nombreux dossiers dont le partenariat privé-public et le nouveau règlement de la garde.

Avec le comité, le Dr Eggimann est ainsi prêt à relever les défis auxquels la profession médicale devra faire face. Il veillera à la préservation des conditions-cadres, tarifaires et conventionnelles de la profession et suivra de près les enjeux de la planification sanitaire ainsi que les autres projets de la santé publique vaudoise. Il s’investira dans la mise en œuvre du règlement de la garde conformément à la convention liant la SVM et le Département de la santé et de l’action sociale.

L’élection du Dr Philippe Eggimann s’inscrit ainsi dans la continuité de la mission de la Société Vaudoise de Médecine.

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Communiqué de presse

 

Pour tous renseignements:

M. Pierre-André Repond
Secrétaire général de la SVM
021 651 05 05
Courriel : secgen@svmed.ch