Dans l’ensemble, ce qui se passe en cabinet coûte moins cher qu’à l’hôpital ; et ce qui se passe à l’hôpital en ambulatoire (sans nuitée) coûte moins cher qu’en stationnaire. Tout ceci est très logique. Derrière chaque prestation dispensée à l’hôpital, des dizaines de personnes travaillent, des millions sont investis dans l’infrastructure et les équipements. Pour une prestation dispensée au cabinet, le dispositif est nettement plus modeste. Indubitablement, lorsque c’est possible et à qualité égale, le chemin de l’efficience passe d’abord par le cabinet. Si les cabinets disparaissaient, les coûts de la santé seraient bien plus élevés.
Les cabinets, victimes d’un faux procès
Dans le débat sur la hausse des primes, comment est-il alors possible de parvenir à l’affirmation que les « cabinets coûtent cher » ? Malgré deux votations fédérales en 2024 sur le sujet, aurait-on oublié la différence entre le secteur ambulatoire des cabinets et le secteur ambulatoire des hôpitaux ? Ou pas vu que ces deux secteurs pèsent aujourd’hui le même poids dans les primes AOS de la population vaudoise (environ 22% chacun) ? Qui sait.
Toujours est-il que le narratif récent des autorités n’aide pas. Dans son communiqué de presse de réaction à l’annonce des primes 2026, le Canton de Vaud ne donne ainsi que deux exemples concrets de ses « efforts pour maîtriser les coûts ». L’un concerne son projet de prolonger la régulation des équipements médico-techniques lourds, l’autre un arrêté pour limiter les admissions futures de médecins dans quatre spécialités. Ce faisant, il décide de pointer plus particulièrement du doigt le secteur privé de la médecine (cliniques et cabinets) comme l’endroit où il convient de réduire les coûts pour faire baisser les primes. Des autres prestataires ou du CHUV placé sous sa responsabilité (et de ses deux milliards de budget : environ 20% des coûts totaux de la santé vaudoise), il n’est point fait mention. Ceci peut aussi expliquer la focalisation choisie par l’œil de Sauron médiatique.
Miser sur l’ambulatoire pour freiner les coûts
Dans tous les cas, intensifier le virage ambulatoire restera la meilleure façon de maîtriser les coûts de la santé sans péjorer l’accessibilité et la qualité. C’est aussi ce que la population suisse a souhaité renforcer dès 2028 en disant oui au financement uniforme des prestations (EFAS). Pour encore longtemps, un dense réseau de cabinets dans le canton de Vaud, et donc de médecins installé·es, sera indispensable pour relever ce défi.
Merci pour cet article. La baisse des coûts de la santé avec le vieillissement de la population est illusoire. La politique ne tient pas compte des réalités de la santé. On ne peut que limiter l’augmentation des coûts. L’institution de réglementation du médicament devrait peut-être revoir ses prestations imposées aux industriels pour faire baisser les coûts des implants et du matériel. Le surcoût helvétique atteint souvent 300 à 1000% par rapport à nos voisins en raison des règlementations sur les implants et matériel médical.
Le tabac est probablement un facteur extrêmement présent pour rendre les gens malades inutilement et prolonger les investigations et consultations, et rendre moins efficace les traitements avec en plus une survenue de davantage de complications postopératoires souvent très coûteuses etc.
La médecine ambulatoire est connue pour être la moins chère.
Le TARDOC a enlevé la plupart des prestations de chirurgie spinale. Je me demande comment ils comptent baisser les coûts en transférant l’intégralité de ces prestations ambulatoires (cure de hernie discale, chirurgie mini-invasive…) en DRG obligatoire faute de position TARDOC…