Dr Krähenbühl (pédiatre) : En tant que pédiatre, j’ai l’impression de recevoir toujours plus d’enfants et d’adolescent·es en difficulté, en particulier dans le champ des troubles du neurodéveloppement. Souvent, les familles se tournent d’abord vers nous, pédiatres, avec une même question: comment organiser un accompagnement cohérent?
Dr Dutray (pédopsychiatre): C’est précisément là que notre collaboration devient importante. Pour un enfant avec un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme, un trouble de l’attention ou de l’apprentissage, poser le diagnostic et construire un plan de soins ensemble a un véritable impact sur sa trajectoire. J-D.K. : Pour les pédiatres, cette collaboration est essentielle : échanger sur une situation et clarifier le rôle de chacun·e permet d’organiser efficacement les soins. Dans ce cas, le partenariat ne se limite pas à « se répartir le travail » : il incarne un véritable dialogue clinique.
B.D. : Le cœur des soins réside ensuite dans le traitement psychiatrique psychothérapeutique intégré (TPPI), combinant soins médicaux, psychothérapies et soutien psychosocial, impliquant les proches. C’est ce qui nous permet de tenir compte à la fois des symptômes, du développement, de l’environnement familial et scolaire.
J-D.K. : Il est aussi possible d’y associer une psychothérapie individuelle pour l’enfant ou le jeune. Si la complémentarité entre TPPI et psychothérapie n’est pas toujours évidente pour nous pédiatres, elle fait ses preuves dans la pratique et constitue la force de cette approche.
B.D. : L’important, c’est que la famille comprenne l’articulation de chaque intervention. La majorité des parents nous disent que leur qualité de vie s’améliore incontestablement quand ils se sentent accompagnés, entendus et qu’ils comprennent les étapes du plan de soins.
J-D.K. : De mon côté, je reste attentif à la santé somatique, au développement global, au suivi de l’école et je profite de nos échanges réguliers pour ajuster mes observations. Les retours que tu me donnes en cours de traitement sont précieux: ils permettent de maintenir la continuité dans l’accompagnement. Sans parler de la coordination administrative (rapports, certificats, communication avec le réseau).
B.D. : C’est un travail d’équipe ! Lorsque le réseau (famille, professionnel·les de la santé et de l’éducation) est en place, cela bénéficie à l’enfant ou l’adolescent·e : voilà tout l’enjeu de notre collaboration.