Un TND est une variante du développement attendu de l’enfant dans un domaine de compétence cognitive et/ou comportementale spécifique, tels que l’attention, le langage, la socialisation (trouble du spectre de l’autisme), le geste graphomoteur (dysgraphie) ou les apprentissages (dyslexie, dyscalculie). Il résulte d’un fonctionnement cérébral différent précoce, sous-tendu par un ou plusieurs variants génétiques. Il s’agit d’une condition congénitale, parfois héréditaire, dont les premiers signes surviennent très tôt dans la vie, parfois dès les premiers mois, et évoluent jusqu’à l’âge adulte.
Des troubles fréquents aux origines multiples
La prévalence des TND est estimée entre 20 et 24% [1,2] , touchant entre 1 enfant sur 4 ou 5, parfois de façon combinée. Dans le cas de certains TND, notamment les troubles du spectre de l’autisme, elle semble continuer d’augmenter : elle était estimée en 2022 à 1 enfant sur 31, soit 3,2 % [3]. Les facteurs causaux incriminés sont liés à l’environnement (pollution, perturbateurs endocriniens, stress). Des facteurs sociétaux, tels que l’exposition au monde numérique et la fragilisation des ressources (réseaux de soins et de prévention, institutions), font également l’objet d’études.
La prévention comme levier de santé générale
Une bonne qualité de sommeil, une alimentation saine et non transformée, ainsi qu’un accès à de l’exercice physique régulier constituent des facteurs protecteurs du développement cérébral. Ils contribuent à la régulation des émotions chez l’enfant et à la santé mentale à l’adolescence, tout en diminuant la sévérité des TND [4,5]. La résilience parentale, soutenue par le réseau social et de soins, renforce la qualité de vie de l’enfant et diminue le risque d’événements traumatiques, tels que la violence intrafamiliale ou une séparation.
«La prévalence des TND est estimé entre 20 et 24%, touchant entre 1 enfant sur 4 ou 5.»
Former, structurer, soigner: un enjeu collectif
La détection et le diagnostic précoces des TND constituent une étape incontournable pour permettre l’instauration de thérapies dès l’identification du trouble, qu’il s’agisse d’autisme ou d’un trouble du langage. Dans ce dernier cas, il est prouvé qu’un traitement logopédique précoce améliore le développement général de l’enfant [6]. Une relève médicale et des professionnel·les de l’enfance adéquatement formé·es, un réseau de prévention organisé et suffisamment doté, ainsi qu’un accès facilité aux soins et aux thérapies spécialisées – notamment la logopédie – constituent des prérequis essentiels à une santé cérébrale et développementale pédiatrique à laquelle tout enfant a droit.
Réferences
[1] Straub L. et al. Neurodevelopmental Disorders Among Publicly or Privately Insured Children in the United States. JAMA 2022.
[2] Frances et al. Prevalence, comorbidities, and profiles of neurodevelopmental disorders according to the DSM-5-TR in children aged 6 years old in a European region. Transl Psych 2023
[3] Shaw KA et al Prevalence and Early Identification of Autism Spectrum Disorder Among Children Aged 4 and 8 Years – Autism and Developmental Disabilities Monitoring Network, 16 Sites, United States, 2022; MMWR 2025
[4] Meneo et al. A Closer Look at Paediatric Sleep: Sleep Health and Sleep Behavioural Disorders in Children and Adolescents. Nat Rev Neuro 2021,
[5] ZhuF et al. Comparative effectiveness of various physical exercise interventions on executive functions and related symptoms in children and adolescents with attention deficit hyperactivity disorder: A systematic review and network meta-analysis. Frontiers in public health 2023
[6] Rinaldi S et al. Efficacy of the treatment of Developmental language disorder: A systematic review. Brain Sci 2021