Réuni·es pour fêter le quart de siècle de leur examen final, les ancien·nes étudiant·es en médecine de l’Université de Lausanne (UNIL) offrent un instantané précieux sur les parcours professionnels et personnels d’une génération de médecins, fidèles au métier mais confrontés à des défis persistants. Pour une fois, cette page réservée à la rubrique « Ailleurs » se penche sur ce qui se passe tout près.
Dre Yolanda Müller Chabloz
Députée au Grand Conseil vaudois Médecin-adjointe au Département de médecine de famille d’Unisanté
Le 6 septembre 2025, la volée « 2000 » de médecine de l’UNIL a célébré les 25 ans de son examen final. Grâce à la persévérance du duo à l’origine de ces retrouvailles, les coordonnées de toute la volée ont été retrouvées. Le bonheur palpable de se retrouver, parfois depuis l’étranger, s’est mêlé à la joie de partager des parcours de vie, tant privés que professionnels. Une occasion idéale pour dresser un bilan sur le parcours de ces représentant·es de la génération X, alors que la médecine traverse une crise de la relève sans précédent.
Des parcours fortement ancrés en Suisse romande
Sur les 120 étudiant·es recensé·es dans le Yearbook, 105 ont répondu au sondage (56 femmes, soit 53 %). Premier constat : la crise des vocations semble les avoir épargné ·es. Ainsi, 101 personnes interrogées (96 %) exercent encore la médecine. Plus de la moitié (55) travaillent dans le canton de Vaud, 91 % en Suisse romande. Deux tiers sont en cabinet, 38 % à l’hôpital, 8 % en clinique privée (plusieurs réponses possibles). Enfin, deux tiers affichent un taux d’activité supérieur à 80 % (89 % des hommes, 44 % des femmes).
Genre, spécialités, carrières : des écarts qui résistent
Parmi les 99 diplômé·es ayant obtenu un titre de spécialiste, moins de la moitié se sont spécialisé·es en médecine de premier recours au sens large : 19 % en médecine interne générale — traduisant une relève insuffisante en médecine de famille —, 15 % en psychiatrie et 10 % en pédiatrie. Deux tiers des hommes et un tiers des femmes se sont orientés vers d’autres spécialités (voir figure). 27 % des hommes disposent d’un titre académique, contre 16 % des femme et, parmi elle, une seule figure au rang des sept professeur·es de la volée.
Ces résultats traduisent des écarts de genre toujours marqués, tant dans les choix de la spécialité que dans les trajectoires professionnelles. Le plafond de verre reste bien visible, en particulier dans les carrières académique et certaines disciplines, comme la cardiologie ou la chirurgie, demeurent peu accessibles aux femmes alors même qu’elles représentaient plus de la moitié de cette volée.
Cet instantané sur le quart de siècle des diplômé·es en médecine de l’UNIL livre des enseignements forts : fidélité à la profession, diversité des trajectoires, mais aussi urgence à renforcer la médecine de famille et à mettre en oeuvre l’égalité. Autant de défis à relever pour les systèmes de santé romands.
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Pascal Meylan
1 jour
Ou sont les médecins conseil des assurances? Il devrait y en avoir!
Ou sont les médecins conseil des assurances? Il devrait y en avoir!
Il faut attendre qu’ils soient plus âgés…