Médaille d’argent mondiale, est-ce vraiment notre faute ?

12.10.25 | Proposé par: Sandy Gay Estermann

Notre système de santé arrive à bout de souffle, l’État paye un tiers des primes d’assurance pour des citoyens qui n’y arrivent plus, la classe moyenne peine à garder la tête hors de l’eau et ne peut plus s’offrir nos honoraires. Un ennui de santé devient une cause d’endettement.

Cette année encore Madame Ruiz fait porter aux médecins la médaille d’argent mondiale pour ce que déboursent les Suisses pour leur santé

Pourtant nous avons choisi notre métier par passion et non par rémunération

Nous travaillons avec la valeur intrinsèque du point TARMED qu’on nous impose et qui a visiblement été instaurée par des hommes de 50 ans préoccupés par leur prostate, leur infarctus, leur diverticulose colique et leur hernie discale, ne voyant que peu d’intérêt aux enfants, aux personnes âgées ou aux malades psychiques.

Mais même si nous n’avons pas choisi la rémunération TARMED par spécialité,  nous sommes responsables de comment nous l’utilisons. Avons-nous toujours comme premier objectif, l’intérêt et le soin du patient ?

Et si nous faisions notre examen de conscience et prenions notre part de responsabilité avant de jeter la pierre aux assurances, aux pharmas, à l’État pour les coûts de la santé et cette médaille d’argent mondiale ?

Je vois mes collègues inquiets de l’arrivée du TARDOC, se demandant comment nous allons faire pour continuer à entretenir notre train de vie ? Est-ce que ce sera toujours possible de facturer des actes sans anamnèse ou clinique qui le justifie mais qui rapporte plus (synovectomie dans le canal carpien, US cardiaque, tomographie par cohérence optique etc.)?

Et que dire du CHUV qui fait face à une coupe budgétaire et décide d’élargir sa plage horaire pour les IRM afin de renflouer les caisses, est-ce que le besoin des patients le justifie ?

Les « chaînes de cabinets » qui talonnent leurs médecins pour qu’ils fassent plus d’examens.

Les centres de radiologie qui ont la flemme de rapatrier les examens faits ailleurs et proposent plutôt un contrôle à 6 mois pour des ganglions qui n’ont pas bougé depuis 6 ans.

Et cette liste n’est malheureusement pas exhaustive

Est-ce éthique ou déontologique de penser « après moi le déluge » ? d’être médecin et de fermer les yeux sur la réalité financière que vivent de plus en plus de nos patients en sachant que cette réalité est un facteur de risque pour leur santé ? N’avons-nous pas une responsabilité civique ?

Est-ce encore éthique de nous déresponsabiliser en invoquant la liberté individuelle face à la catastrophe d’endettement que provoquent les franchises à 2500Frs en plus de la quote-part ?

Qui parmi vous connaît le prix des examens qu’il prescrit ? IRM, colonoscopie, PET-scan, cure d’hernie inguinale, consultation chez un spécialiste ? Qui parmi vous prospecte en 2 mots si cela est financièrement compatible pour le patient ?

Qui prospect après un diagnostic d’infarctus, de burnout, de cancer, etc…comment fait le patient pour payer ses factures ?

Entendez-moi bien, il ne s’agit pas de renoncer à des examens utiles pour les patients de la classe moyenne. Mais ne serait-il pas de notre responsabilité de former les médecins sur le coût des prises en charge qu’ils préconisent et de prendre 3 minutes pour faire de la prévention financière afin d’orienter rapidement les patients vers des structures comme « parlons CASH », ou les services sociaux de la commune afin de prévenir l’endettement et de garantir l’accès aux soins ?

Déposer votre commentaire

Résumé de la politique de confidentialité

La SVM s’engage à protéger votre vie privée. Contactez-nous si vous avez des questions ou des problèmes concernant l’utilisation de vos données personnelles et nous serons heureux de vous aider.
En utilisant ce site et / ou nos services, vous acceptez le traitement de vos données personnelles tel que décrit dans cette politique de confidentialité.

En savoir plus