Périphérie, efficience… et punition ? Une question posée à qui de droit.

06.08.25 | Proposé par: Dr Naiken Surennaidoo – Directeur médical, Pôle Santé Vallée de Joux

Depuis plusieurs semaines, au Pôle Santé Vallée de Joux, les équipes sont en état de sidération. Deux affirmations relayées dans le cadre des discussions budgétaires ont profondément blessé soignants et partenaires du réseau local.

La première : les subventions diminueraient en raison d’une baisse des hospitalisations.
Mais cette baisse, nous l’avons activement provoquée. En réponse aux directives cantonales, nous avons repensé le parcours de soins : virage ambulatoire, renforcement de l’extra-hospitalier, coordination médico-soignante, collaboration interprofessionnelle. Résultat ? Moins d’hospitalisations, plus de pertinence. Et aujourd’hui… une sanction budgétaire ?

La seconde : dans certaines régions, la sécurité des patients serait mise en cause, faute de volume ou de masse critique.
Or, notre établissement respecte tous les critères de planification hospitalière : qualité, sécurité, intégration, collaboration. Nous avons même renoncé à certaines prestations par souci de prudence. Est-ce donc cela que l’on remet en question ?

Nous réalisons aujourd’hui des chirurgies ambulatoires complexes sur des profils âgés, grâce à un réseau efficace et cohérent. Nous ne prétendons pas tout faire. Nous voulons simplement faire bien, pour notre population, dans un cadre responsable. Depuis plusieurs années, avec mes équipes au Pôle Santé Vallée de Joux, nous avons construit un modèle médical et institutionnel respectueux des réalités de terrain : un modèle de soins intégrés, de proximité, d’engagement collectif, adapté aux contraintes géographiques et humaines d’une région de montagne

Mais depuis l’annonce des coupes, la confiance de nos équipes s’effrite. Elles ont le sentiment amer d’avoir été de « bons élèves »… punis pour avoir suivi la feuille de route.

Je parle aussi au nom d’un principe fondamental que tout État digne de ce nom devrait protéger : le droit à la santé pour toutes et tous, quel que soit son lieu de résidence.

Alors, au nom de celles et ceux qui s’engagent avec rigueur, souvent loin des projecteurs, je pose une question simple :
Où avons-nous fauté ?

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