“C’est avec consternation que les médecins de famille et de l’enfance vaudois (médecins généralistes et internistes, médecins praticiens, pédiatres) ont pris connaissance en guise de cadeau de Noël le 24 décembre 2021 de la décision de Mme la Conseillère d’Etat Rebecca Ruiz de refuser d’entériner les conventions établies entre partenaires (médecins et assureurs) pour 2022 et 2023, et de baisser la valeur du point TarMed avec effet au 1er janvier 2022. Cette décision unilatérale, qui fait suite à divers signes de manque de reconnaissance de la médecine de premier recours dans notre canton, d’autant plus flagrants durant la crise sanitaire que nous vivons depuis 2 ans, va impacter très négativement la qualité des soins ambulatoires vaudois, et fait fi du respect des partenaires impliqués. Les médecins de famille et de l’enfance vaudois (mfev) dénoncent une perte de confiance envers le Département de la Santé, et s’opposent avec vigueur à cette mesure injustifiée et contre-productive.
Les traitements facturés par les mfev sont déjà inférieurs à la moyenne suisse, malgré une valeur de point plus haute que dans d’autres cantons, car ils facturent un volume de prestations inférieur à la moyenne des mfe suisses. Les mfev se conforment très largement aux exigences de la Confédération pour une neutralité des coûts, exigences à moins de 3% d’augmentation des coûts annuels : depuis 2015, le coût par assuré des mfev n’a augmenté que de 0.5% par année. Diminuer la valeur du point des mfe, qui représentent 40% des médecins indépendants vaudois, est parfaitement injustifié.
Pire : baisser la valeur de point est une solution de facilité dont les conséquences négatives seront prépondérantes. Toute diminution de la valeur du point atteindra prioritairement les médecins de famille et de l’enfance, et ne traitera pas le problème de l’augmentation des coûts de la santé là où il faudrait. Pour la médecine de premier recours, cela aura comme conséquence une diminution de la capacité de rémunération des assistantes médicales si importantes au fonctionnement des cabinets médicaux, engendrant un report de consultations sur les centres ambulatoires ou les services d’urgence, qui, cela a déjà été démontré plusieurs fois, ont des coûts de facturation plus élevés.
D’autre part, cela accentuera la baisse d’attractivité du métier de médecin de 1er recours, qui fait déjà face à une relève très problématique. Ce manque de relève accentuera aussi le recours aux services d’urgence et occasionnera une inadéquation des soins, non par excès, mais par manque de soins. La baisse de la valeur du point est donc contre-productive : elle implique une augmentation des coûts et une diminution de l’efficacité des soins. C’est donc l’efficience (efficacité + économicité), objectif primordial de la LaMal, qui sera diminuée.
Les médecins de famille et de l’enfance vaudois déplorent qu’une vraie étude de l’impact sur l’efficience des soins pour le secteur ambulatoire indépendant n’ait pas été faite en regard d’une baisse globale de la valeur de point. Ils exigent que la proposition du DSAS soit immédiatement retirée en l’absence d’une telle étude. Un courrier dans ce sens a déjà été envoyé à tous les membres du Conseil d’Etat et du Grand Conseil vaudois.
Les médecins de famille et de l’enfance vaudois souscrivent à la nécessité de contribuer à un contrôle relatif des coûts de la santé, et ont déjà démontré arriver aux exigences fédérales en la matière. Ils sont prêts à collaborer avec le DSAS et les parlementaires, pour autant qu’on veuille bien prêter attention à l’expertise qu’ils ont des besoins en soins de leurs patients tout au long de leur vie, et que les mesures envisagées s’orientent vers une réelle efficience des soins.”