Par Gaël Saillen, secrétaire général, et Dre Séverine Oppliger-Pasquali, présidente
Politique professionnelle fédérale
Dossiers fédéraux
En tant que troisième plus importante société cantonale de médecine de Suisse, la SVM joue un rôle actif à l’échelon professionnel fédéral, notamment via la vingtaine de ses membres présents dans les différentes instances de la Fédération des médecins suisses (FMH).
Délégué·es à la Chambre médicale FMH
Suppléant·es à la Chambre médicale FMH
Comité central de la FMH
Dr Philippe Eggimann, Vice-Président
Assemblée des délégué·es de la FMH
Dr Pierre Vallon, Président
Commission de déontologie de la FMH
Dr Paul Wiesel, Vice-Président
Commission de gestion de la FMH
Dr Philippe Vuillemin, Président
Composée des six sociétés cantonales romandes et présidée par le Dr Philippe Eggimann, ancien président de la SVM, la SMSR est une plateforme de coordination francophone précieuse sur de nombreux dossiers fédéraux et cantonaux. Elle l’est même parfois aussi avec les deux autres faîtières des sociétés cantonales de médecine germanophones et italophone.
Ainsi, après une première rencontre nationale organisée par la SMSR à Glion (VD) en 2023, une deuxième rencontre s’est tenue à l’automne 2025 à l’initiative du VEDAG (Verband Deutschschweizer Ärztegesellschaften) à Vitznau (LU). Tous les présidents des sociétés cantonales de médecine de Suisse ont pu y échanger l’espace d’un week-end, cette fois sur les thèmes partagés de la communication et des tarifs. La prochaine rencontre devrait être organisée par l’OMCT (Ordine dei medici del Cantone Ticino) en 2027.
L’année 2025 de la faîtière romande a également été marquée par la passation progressive de témoin au secrétariat général de la SMSR entre Pierre-André Repond, ancien secrétaire général de la SVM, et Benoît Necseru, nouveau titulaire du poste. Après avoir été abrité de très nombreuses années en terres vaudoises, le secrétariat de la SMSR est désormais confié à l’Union Patronale du Canton de Fribourg (UPCF). La SVM profite de remercier une fois encore son ancien secrétaire général Pierre-André Repond pour son engagement de longue haleine également au sein de la faîtière romande.
TARDOC (et forfaits).
Le 30 avril 2025, le Conseil fédéral a validé le nouveau système tarifaire médical composé du TARDOC et des forfaits ambulatoires. Développé par l’ensemble des partenaires tarifaires sous l’égide de l’OTMA (FMH, H+, CTM, prio.swiss), il remplace TARMED dès le 1er janvier 2026 et vise des tarifs plus justes et transparents, mieux adaptés à la réalité médicale. Si le système n’est pas exempt d’erreurs, son adoption marque un tournant après 20 ans d’attente. Son approbation, valable jusqu’en 2028, s’accompagne d’un plafonnement des coûts à 4 % par an et d’une révision annuelle pour suivre l’évolution médicale.
Pour sa part, la SVM s’est fortement investie en 2025 dans les négociations des nouvelles conventions tarifaires TARDOC, menées désormais de manière concertée avec la SMSR. Les conventions tarifaires cantonales reposent ainsi aujourd’hui en grande partie sur une base harmonisée à l’échelle supracantonale.
La SVM a par ailleurs accompagné ses membres dans la transition vers le TARDOC avec l’engagement important du Centre de Confiance pour adapter ses prestations aux nouvelles exigences techniques (format XML, structuration des données par RCC en lien avec New Index, etc.) et l’organisation d’un webinaire TARDOC, qui a affiché une affluence record avec 830 participant·es.

REFORMER.
Passablement critiqué lors de son lancement, le projet REFORMER porté par six cantons romands, a néanmoins pris un nouveau départ en 2025, cette fois sous l’impulsion de Pierre Maudet, Conseiller d’Etat en charge de la santé à Genève. Des filières pilotes sont désormais à l’étude pour tester la faisabilité du modèle sur deux ans. En substance, le projet vise à influencer les choix de formation postgraduée, donc de carrière, des nouveaux médecins romands diplômés afin de mieux faire coïncider dans le futur la typicité de l’offre médicale aux besoins estimés de la population romande. La SMSR représente le corps médical dans la gouvernance de ce projet romand, mais uniquement avec une voix consultative.
Si l’idée de base est plutôt saluée sur le principe face à la pénurie prévue de médecins, des doutes subsistent sur l’efficience et la pertinence d’un tel modèle dans un marché ouvert, avec un recours fréquent aux médecins généralistes et spécialistes formés à l’étranger.
Médecins praticiens.
En attendant l’instauration d’un label reconnu par les cantons que la SVM continue de souhaiter, l’introduction de TARDOC devrait déjà permettre dès 2026 une première revalorisation attendue des conditions de facturation des médecins praticiens. L’objectif de la SVM reste ici de garantir des conditions équivalentes à celles des internistes et généralistes de même niveau de formation.
Tarifs privés (LCA).
Dès le 1er janvier 2025, l’application de nouvelles exigences de la FINMA a créé des divergences d’interprétation entre assureurs, établissements et médecins sur la facturation et le remboursement en division privée et semi-privée. Cette situation a fragilisé l’équilibre entre offre publique et privée, contraignant certains patient·e·s à renoncer à des soins et des médecins à travailler sans garantie de paiement. Plusieurs membres de la SVM ont relayé ces préoccupations dans les médias, dénoncé une situation intenable et plaidé en faveur de l’instauration d’un cadre institutionnel sécurisé (par ex : l’émission Forum de la RTS du 14 mars).
Face à ces tensions, l’Assemblée des délégué·e·s de la SVM a adopté le 27 mars trois résolutions : la première exprime sa solidarité envers les patient·e·s ; la deuxième rappelle aux assureurs leur obligation de remboursement, même en l’absence de convention, et réaffirme le libre choix du médecin ; la troisième demande à la FINMA de lever rapidement les zones d’ombre persistantes.
Parallèlement, la SVM a entrepris des démarches concrètes auprès de plusieurs assureurs et engagé des discussions en vue d’établir un nouveau cadre conventionnel, notamment avec Assura. Des échanges ont également été initiés avec d’autres partenaires afin d’éviter une approche fragmentée et de privilégier une vision coordonnée pour l’ensemble des médecins en pratique privée.
La SVM a ainsi clarifié sa stratégie sur ce dossier complexe, en privilégiant le dialogue, la coordination et la défense de l’indépendance médicale, dans l’intérêt prioritaire des patient·e·s. Cet important travail a abouti, début 2026, à la signature d’une nouvelle convention LCA Assura–SVM, entrée en vigueur le 1er février pour les soins aigus stationnaires en cliniques privées vaudoises, dans la continuité du cadre appliqué depuis 2025, sans modification de la valeur du point ni des modalités de facturation.