L’avis des médecins vaudois rejoint celui d’une grande partie des organismes de soignants de Suisse. Ils ne voient pas du tout dans l’initiative « pour un frein aux coûts » la bonne recette pour maîtriser les coûts de la santé et en craignent les effets pervers pour la population.
Selon un sondage interne réalisé par la SVM la dernière semaine d’avril (558 réponses), seul 1 médecin sur 10 y serait clairement (5%) ou plutôt favorable (6%). Pour ne pas pénaliser les personnes les plus fragiles dans leur capacité d’accéder au système de santé en cas de besoin, une très large majorité de médecins vaudois jugent inadéquat de faire payer davantage les patients via une augmentation des franchises (79%) ou de la quote-part (70%), de fortes éventualités en cas d’acceptation de l’initiative. Très peu (22%) sont aussi en faveur d’une réduction du catalogue de prestations dans l’assurance de base pour faire baisser les coûts.
A 63%, les médecins ayant répondu au sondage craignent que l’application de l’initiative impacte négativement leur pratique vis-à-vis des patients.
Les médecins vaudois estiment surtout (91%) que c’est en investissant dans la prévention et l’éducation qu’il sera possible de faire baisser les coûts à long terme. A plus court terme, ils appellent prioritairement (80%) à de larges simplifications administratives et 50% sont déjà convaincus du potentiel important de de la « smarter medicine » pour faire baisser les coûts globaux sans impacter la qualité des soins. Dans les deux cas, il s’agit de pouvoir libérer du temps à consacrer à des patients toujours plus nombreux, complexes et âgés. Car si 71% considèrent que le système de santé est encore performant, la pénurie de personnel et le manque de relève constituent clairement pour 93% des médecins vaudois le danger majeur des prochaines années.
Enfin, 79% sont en faveur d’un changement de paradigme pour fixer les primes sur la base des coûts réels de la santé consolidés, et non plus sur des estimations pessimistes faites une année à l’avance. Il est désormais clairement démontré que l’augmentation des primes est deux fois plus élevée que celle des coûts.