Les primes d’assurance-maladie baisseront légèrement dans le canton de Vaud en 2020 (VD= – 0,3%, CH = + 0.2%). Pour la SVM qui s’est beaucoup battue depuis des mois pour dénoncer des primes trop élevées par rapport aux coûts réels de la santé, c’est une victoire d’étape importante. Mais l’on ne saurait s’en satisfaire.
D’abord, comme l’a relevé l’Etat de Vaud dans un communiqué, les primes payées en trop ces deux dernières années par les Vaudois (150 millions) sont bien supérieures à la modeste baisse des primes vaudoises validée par l’OFSP pour 2020. Sans même parler de la situation dans d’autres cantons. Pour les patients et assurés, la SVM espère que nos autorités arriveront à obtenir rapidement une juste compensation. C’est désormais leur responsabilité.
Mais surtout, comme l’a confirmé le sondage que nous avons publié samedi dernier, deux points doivent inquiéter plus particulièrement les médecins pour qu’ils continuent de mériter la forte confiance placée en eux par les patients.
Le premier point est la part importante de gens renonçant déjà à se soigner ou retardant un rendez-vous médical pour des raisons économiques, notamment pour préserver leur franchise. Ce faisant, ils jouent bien sûr avec leur santé et risquent de générer ensuite des prises en charge encore plus complexes et coûteuses pour la collectivité, notamment en cas d’hospitalisation. Dans l’intérêt de toutes et tous, patients, assurés et contribuables, ce phénomène doit être enrayé. Les médecins ne peuvent pas cautionner cette dérive.
Deuxièmement, sous prétexte de lutter contre la hausse à long terme des coûts de la santé, des velléités de réformes éthiquement, socialement et médicalement extrêmement discutables progressent peu à peu au niveau fédéral. C’est notamment le cas des projets de budget global annuel «bloqué» pour la santé ou de tarifs dégressifs, qui tous deux conduiraient inévitablement à un rationnement des soins en fin d’année. Dans de tels systèmes, pour l’assuré de base, il vaut clairement mieux avoir un problème de santé en janvier qu’en novembre… Soucieux de leurs patients du 1er janvier au 31 décembre et attachés à leur liberté thérapeutique, les médecins ne peuvent pas non plus se taire face à de telles perspectives.
Continuer d’augmenter les primes sur la base des prévisions des assureurs, sans considération pour les coûts réels effectifs, c’est fausser le débat démocratique de fond sur la solidarité dans la santé et renoncer à un pilotage éclairé du système.
Pour cela, la SVM, avec d’autres sociétés médicales, soutient 3 propositions concrètes :
1) Profiter de la stabilisation de la hausse des coûts depuis 2 ans, qui se répercute pour la première fois sur celle des primes, pour changer le système de calcul des primes dès 2021. Grâce à plus de transparence, exigée par le Conseil Fédéral, calcul dès 2021 des primes sur la base des coûts réels et pas des prévisions ou estimations des assureurs, dont nous savons maintenant qu’elles étaient infondées depuis plusieurs années
2) Sans attendre l’issue des débats parlementaires sur le financement moniste et en utilisant une partie des économies réalisées par les cantons sur le stationnaire, instaurer dès 2020 un subside sur les prestations chirurgicales fréquentes qui ne sont remboursées depuis le 01.01.2019 que si elles sont réalisées en ambulatoire (donc 100% à charge des primes).
3) Smarter medicine. Renoncement à un certain nombre d’examens et de traitements dont l’utilité n’est pas clairement démontrée. Cependant de manière non autoritaire, mais sur la base d’une personnalisation de la prise en charge issue de discussions entre le patient et son médecin référent (traitant, souvent le médecin de premier recours, mais pas exclusivement) concernant des stratégies diagnostiques et thérapeutiques.