Le constat est plutôt alarmant : bien qu’indispensables dans les cabinets médicaux, les hôpitaux et toutes les structures de soins, les assistantes médicales sont toujours moins nombreuses. Il incombe aussi aux médecins de se mobiliser pour former la relève et offrir des places d’apprentissage.
Les médecins qui ont une assistante médicale bien formée dans leur cabinet connaissent sa plus-value au quotidien. En plus de la gestion courante de l’administration, de la prise de rendez-vous de la patientèle et de son appréciation d’une situation d’urgence, elle est un bras droit apprécié qui peut assurer une précieuse assistance à la consultation. Cela peut être pour mesurer la tension artérielle, effectuer des injections ou des prises de sang, ou encore assister le médecin lors des interventions de petite chirurgie. Formée dans le domaine médico-technique, notamment en radiologie et en laboratoire, l’assistante médicale est également à même de réaliser de manière autonome des clichés radiologiques et d’analyser des urines ou un prélèvement sanguin par exemple.
Une profession qui, tout en exigeant des qualités relationnelles et des compétences médico-techniques pointues, impose aux assistantes médicales de se tenir à jour en suivant régulièrement des formations continues.
Les cabinets doivent former davantage
Bien qu’elles soient en première ligne dans les cabinets médicaux et toutes les structures de soins, les nouvelles assistantes médicales ne sont pas en nombre suffisant pour assurer la relève. Elles seront ainsi moins de 110 à obtenir leur CFC en juillet 2023 en Suisse romande.
Les candidates au CFC ne manquent pourtant pas, mais elles peinent à trouver des places d’apprentissage. Malheureusement, trop peu de cabinets médicaux en proposent. Il est aujourd’hui plus que jamais essentiel de s’engager dans la formation de la relève, ce qui requiert la mobilisation des médecins, des cabinets de groupe et des associations professionnelles. Si nous ne prenons pas nos responsabilités, il risque de ne plus y avoir suffisamment d’assistantes médicales qualifiées dans les années à venir. N’oublions pas que dans les dix prochaines années, elles seront nombreuses à partir à la retraite. Cela rendra la situation encore plus compliquée, en particulier pour les cabinets de premier recours où sont actives 70% des assistantes médicales diplômées.
Un accompagnement initial est certes nécessaire, mais l’apprentie peut rapidement apporter une aide très appréciable pour les tâches quotidiennes. Dès la 3e année, elle est pleinement autonome. Et si un cabinet médical n’a pas toutes les compétences pour assumer cette responsabilité, il peut s’associer avec un autre établissement. Par exemple, l’apprentie peut travailler deux jours de la semaine chez un généraliste et deux jours chez un gynécologue. Dans cette configuration, tout le monde est gagnant, y compris l’apprentie qui bénéficiera d’une formation d’autant plus complète.
Une profession à revaloriser
Faute de trouver suffisamment d’assistantes médicales qualifiées sur le marché, certains cabinets engagent des secrétaires médicales pour les remplacer. Ceci alors qu’elles ne sont pas habilitées à effectuer des gestes médico-techniques. Rappelons aussi que la radiologie est régie par une Ordonnance fédérale et que seuls des professionnels compétents peuvent l’exercer. Or, dans la pratique, les employées qui ne détiennent pas de CFC d’assistante médicale sont nombreuses. Pourtant, une secrétaire médicale qui va au-delà de sa fonction et tente de se suppléer à une assistante médicale risque gros lors d’un contrôle, tout comme son employeur. Les conséquences peuvent être dramatiques, y compris pour le patient qui ne serait sans doute pas d’accord d’être pris en charge par du personnel non formé.
Un autre problème est préoccupant : après quelques années d’activité, beaucoup d’assistantes médicales quittent le métier pour se rediriger vers une autre profession, faute d’une valorisation suffisante. La question se pose : comment faire pour conserver ces précieuses collaboratrices alors qu’elles sont déjà rares sur le marché ? Commençons par reconnaître l’éventail de leurs compétences à leur juste valeur, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
Si vous êtes convaincus de la nécessité de garder à vos côtés ces perles rares, investissez-vous dans la formation d’apprenties et dans la revalorisation de cette profession. L’Association romande des assistantes médicales (ARAM) se tient à votre disposition pour vous apporter des compléments d’information, n’hésitez pas à consulter notre site internet ou à nous contacter (www.aram-vd.ch).
Marie-Paule Fauchère, présidente de l’ARAM
A lire également : Les médecins doivent se mobiliser pour former la relève, dossier ARAM, décembre 2022.
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